La Rogaine du Cap de Creus

Une rogaine est une course d’orientation réalisée sur une longue durée. (ici 6 heures)Le but est
de marquer un maximum de points en trouvants des balises de différentes valeurs.
En ce samedi 8 novembre 2014, 2 équipes du Team Levezou, accompagnées de femmes et enfants, partaient s’initier à leur première rogaine dans un lieu enchanteur : le Cap de Creus.
Partis la veille et logeant à Roses, nous avons pu compter sur l’intendance de Sophie qui s’était occupée de tout l’aspect matériel du week-end et de Jean-Louis qui s’occupait du vin (un « Abracadabra » blanc et un « Inverso » rouge du meilleur effet). La réservation de l’appart-hôtel nous a laissé quelques sueurs froides puisqu’il nous a été fortement difficile de trouver les clés de nos chambres et que le numéro d’urgence fourni ne daignait pas répondre.
Le samedi, départ à 8h15 de Rosas pour arriver à Port de la Selva aux environs de 9h. Nous procédons aux démarches obligatoires d’inspection et de contrôle du matériel. Nous sommes surpris de la rigueur imposée : nos téléphones sont scellés sous enveloppes de façon à s’assurer qu’on n’utilise pas le mode GPS et les doigts électroniques sont eux aussi fixés à nos poignets pour qu’on ne puisse pas le donner à un coéquipier plus frais en cas de coup de fatigue.Ensuite, nous sommes guidés vers le parc fermé qui se trouve sur les hauteurs de Port de la Selva, cela nous évitera un départ en côte.Sur le chemin nous tombons sur nos collègues aveyronnais du SCA. Il était difficile de les manquer, ils parlent plus fort que tous les espagnols réunis ; notamment Laurent Colongo qui semble en grande forme et chambre tous ses futurs adversaires. Arrivés dans le parc, les organisateurs nous donnent les cartes pliées et nous devons attendre 10 h 40 pour pouvoir les consulter et fixer notre stratégie. Le show Colongo continue avec blagues, défis et facéties alors que le Ska catalan nous bombarde les oreilles.10h40 : les choses sérieuses commencent ; après un court briefing en catalan, nous pouvons enfin consulter nos cartes sous le « regard » d’un drone qui filme tous les participants. Rémi et moi procédons avec méthode et surlignons toutes les balises de la carte (68 en tout) ; nous choisissons de ne pas prendre en compte la valeur de chacune d’elles et privilégions le fait de suivre au maximum les chemins. Bastou et Delphine, eux aussi se montrent prudents et décident de se cantonner aux balises les moins cotées. Nous dégageons notre itinéraire bien avant le temps imparti et pouvons commencer à discuter de notre stratégie avec Bastou et Delphine. Ces derniers, décident de modifier leur départ et de commencer par la même balise que la notre. Ils seront fiers de parvenir à la trouver quelques secondes avant nous et en parleront tout le dimanche.Une fois cette première balise trouvée, la suite s’enchaîne relativement bien, nous partons vers le sud-est et ramassons une dizaine de balises en 2 heures, ce qui correspond à un bon rythme. Nous gérons tranquillement notre effort et pensons à nous alimenter avec quelques barres de céréales. Evidemment,tout ne pouvait se dérouler sans accroc ; sur notre circuit nous avions prévu une longue portion d’environ 2 km sur une piste large qui devait nous conduire aux abords de la balise 41, mais à proximité de cette dernière, nous jardinons complètement, je continue à m’avancer toujours plus au sud alors que Rémi sent bien qu’on n’est pas dans la bonne direction mais n’est pas capable lui non plus de nous situer exactement. Heureusement, nous profitons d’une vue magnifique sur les criques de Cadaqués. Nous décidons de nous orienter vers l’ouest en comptant tomber sur un chemin qui nous servira de point d’arrêt et de repère. Le doute s’empare de nous et je dis à Rémi que je ne suis pas sûr qu’on soit encore sur la carte, d’autant plus qu’on ne voie aucun autre équipage. Finalement, oh miracle, le dieu de l’orientation est avec nous ! En enjambant un fossé, nous tombons sur la balise…50 !!! Quel coup de bol ! Elle est située au moins 400 m plus au sud de celle qu’on cherchait. En tout cas, elle nous permet de nous recaler sur la carte après près de 40 mn sans avoir marqué 1 point.Il est temps alors de repartir au nord, on choisit de laisser la 72 qui me semble d’approche risquée et physique. En remontant, on retrouve davantage d’équipes, cela nous rassure et nous aide aussi dans nos approches mais on ne se contente pas de suivre ces équipes et on continue sur notre trajet prédéfini. On enchaîne avec 2 balises faciles à repérer mais très physiques : la 33 qui est perchée sur une colline où nous nous arrêtons 5 mn pour manger un morceau et profiter de la vue tout en regrettant qu’elle ne nous rapporte que 3 points. Ensuite vient la 91, qui est située sur le point culminant du parcours ; alors là, c’est 9 points durement gagnés car nous escaladons en effectuant une ligne droite coûteuse en énergie. Et je sens, après la descente, que je ne suis pas au top ; Rémi paraît bien plus en jambes et m’encourage mais j’ai les jambes lourdes et après environ 3 h 30 d’effort, nos prises dedécisions sont beaucoup moins pertinentes, je dis par exemple à Rémi qu’on doit chercher au sud d’un talus alors qu’au contraire la définition indique le nord. Nous voyons bien que nous ne sommes pas très efficaces car sur ce moment de course, une paire de vétérans catalans a les même choix de balises que nous et les trouve systématiquement avant nous alors que eux font le parcours en marchant et que nous nous continuons à courir dès que le terrain le permet.

Nous avons fini notre boucle vers le sud et repassons au point de départ, ce qui nous permet de nous ravitailler en eau minérale. Nous attaquons à présent notre boucle nord qui nous amène en direction de l’arrivée ; je me sens un peu mieux et essaie de relancer un peu l’allure. Nous tombons sur mes entraineurs et professeurs d’orientation, Christian Arlès et Pinpin du SCA, qui semblent en avoir un peu moins dans les jambes que nous mais qui restent plus efficaces dans l’attaque des balises.

 

Ca fait 5 heures qu’on est partis et on s’approche de Port de la Selva, c’est alors qu’arrive le deuxième accroc de la journée : la descente vers le port est très escarpée ; par moment, il nous faut même faire de l’escalade et sur un passage un peu délicat, c’est au tour de Rémi de flancher un peu ; il n’est pas loin du refus d’obstacle et j’ai un peu peur qu’on reste bloqué là un moment. Cette descente nous mange énormément de temps et en bas nous n’allons même pas essayer de trouver la balise 49 car nous ne sommes pas très lucides et avons peur d’attraper des pénalités de retard en voyant qu’il nous faut encore gravir une belle côte. Au sommet de cette dernière, nous retrouvons Delphine et Bastou qui nous poussent à aller chercher la 60. Je sens les crampes arriver, mais le fait de trouver sur notre route le trio du SCA, Pierre, Christophe et Benjamin, me redonne un terrible coup de fouet. Ils ont en effet l’air à l’agonie et passablement éprouvés.

On termine sur un excellent rythme en allant chercher les 2 balises situées en ville avec le plaisir de découvrir la dernière avant les SCAïstes Pinpin et Christian.

 

 

Au final, nous avons trouvé 23 balises en 5 h40 après avoir effectué 28 km avec 1400 m de dénivelé positif. Nous sommes relativement satisfaits de notre performance et de notre stratégie de course que nous avons suivi de A à Z à l’exception des balises 71 et 49 que nous avons finalement choisi de délaisser. Bastou et Delphine sont eux aussi ravis de leur journée mais regrettent de ne pas avoir tenté quelques balises rapportant plus de points. Au jeu des comparaisons, on est bien loin des finlandais qui ont remporté l’épreuve avec 240 points mais qui ont fini durement touché (ils ont dû s’engager d’une drôle de façon). On réussit à battre une équipe du SCA mais les équipages Pinpin/ Christian et Laurent/Jérome restent devant nous avec un peu de marge. Il est certain que l’âge et l’expérience ont fait pour beaucoup dans ce résultat mais c’est décidé, l’an prochain, on alignera notre meilleure équipe.

Quelques minutes après l’arrivée, tous les concurrents se sont retrouvés au gymnase local pour se doucher, se restaurer et opérer aux contrôles des téléphones et doigts électroniques. J’ai la maladresse de faire tomber mon sac sur l’ordinateur qui est censé donner les résultats. Du coup, impossible de nous éditer nos temps de passage. Ca ne fait rien, nous partons savourer des pâtes accompagnées de viande de porc en sauce, tout en observant avec amusement les athlètes du SCA. En effet, ces derniers sont dans les mains de catalans barbus qui sont en train de les masser vigoureusement.

En partant, une bénévole nous annonce que l’année prochaine, les formats proposés seront de 6 h et de 12 h… Chiche…

Nos cartes, nos choix…

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