Le trail des ruthènes 2015 vu par Loïc

Il est à peu près 6h du matin ce dimanche 15 Février quand quelques centaines de frontales illuminent le village de Salle la source.Le trail des ruthènes et ses 65km pour 2400 de D+ s’annonce moins pluvieux que ce que la météo avait prévu.Un dernier speech d’ Adrien Seguret et le départ est donné.
Comme prévu, on part ensemble avec Ph Creyssels, un départ assez rapide avec une boucle au dessus du village, va nous permettre de s’installer dans le top 10. On parle non stop, le monotrace est magnifique au fleur de la falaise, mais super dangereux, on manque plusieurs fois de se retrouver au sol mais ça nous fait bien marrer.On repasse maintenant sous l’arche de départ pour ensuite se diriger vers la nature profonde, toujours en discutant sans arrêt.
On parle, on parle et les km s’enchaînent, après avoir traverser un plateau on se retrouve au ravito 1 à Solsac, au km 13,5 la tête de course n’est qu’à quelques minutes devant. Lionel est là pour nous encourager, c’est un grand malade de nous suivre sur cette journée et ça nous fera vraiment du bien.On échange quelques mots puis on repart aussitôt en direction de l’église de saint jean le froid, tout là haut, on se retrouve alors avec 2 autres coureurs.
L’environnement est extra, on court sur un monotrace le long des vignes tout en discutant bien entendu. Ph m’impressionne, le mec n’arrête pas de bouffer !!Dès qu’il y a du plat, le groupe de 4 nous permet de courir en groupe donc assez rapidement, on est autour des 14km/h, les jambes répondent bien, aucun soucis, tout le monde semble en forme, pourvu que ça dure.Le ravito 2 se trouve aux environs du km 27 avec une montée sèche pour rejoindre l’église.
On monte bien, plutôt rapidement, tout en discutant. On arrive au sommet sous les encouragements des quelques barjos qui nous attendent, parmi eux, le plus fou, Lionel, qui fait le paparazzi avec sa GoPro. Cet arrêt nous permet de remplir les poches et de bien s’alimenter, on va rentrer dans les 3h de course et la fatigue va commencer à s’installer. On reprend la descente de l’autre côté de l’église plutôt rapidement.
Le prochain ravitaillement sera Souyri au km 42. On partage toujours la course ensemble avec Ph, c’est vraiment un plaisir, on court à la même allure, on échange quelques relais mais on est souvent côte à côte à discuter comme de vrai gonzesses. De mon côté je commence à avoir du mal à m’alimenter, la descente forte m’a fait mal aux guibolles et je sens des crampes arriver. La piste après le village de Marcillac fait très mal, un long chemin tout plat qui nous foutra un bon pet au moral, mais on est 2 et on s’entraide, finalement ce coup dur passera et on arrivera au ravito de Souyri bien content. Mon assistance de choc présente, Lionel fidèle au poste, on nous annonce 9 et 10, mais perso je commence à être râpé cuit.
Beaucoup de mal à m’alimenter, je vais finir ces 25 derniers km en espérant que ça tienne, après une bonne soupe, on repart tout en discutant. Ph est frais comme un gardon, il a encore envie de tchapper mais je crois que je ne ferai que répondre par « oui ou « non ». On attaque une partie le long du ruisseau qui est vraiment super, on pourrait envoyer mais des troncs d’arbres nous obligent à les enjamber et là… crampes… on perdra 2minutes puis ça repart.
J’ai l’impression de ralentir la pipelette, c’est maintenant lui qui va me tirer, je ne pourrais pas prendre de relais. Les kms s’enchaînent et mon état se détériore, impossible de manger, un mal de ventre de chien, seul bon point je n’ai plus de crampes et mes jambes semblent mieux.Mes pensées se focalisent sur ce mal de ventre, je rêve du dernier ravito au km57 dans le village de Souyri. C’est au km 51 que je vais laisser partir Ph, je dois m’arrêter pour soulager mon ventre, le trail c’est nature non ?
Après cet arrêt j’arrive enfin au ravito, cuit mais le ventre va mieux. Je me force à manger 2 tranches de banane, j’ai vraiment du mal à manger mais je me dois de repartir et d’en finir. Les 10 derniers km jusqu’à Vabre seront bien meilleur, je commence à relever la tête et à regarder autour de moi, les autres courses du week end sont passées par là et nous ont tout labourré. De la boue, de la boue et… de la boue des troues énormes mais c’est bien marrant et ça rafraîchis.
Je prends du plaisir sur cette partie et j’arrive maintenant à allonger sur les parties plane, cet arrêt Tarzan m’a vraiment fait du bien, puis je sais que c’est fini. Un dernier tour de piste à Vabre où Ph et Lionnel m’attendent et je termine ces dernières 4h d’enfer avec un ventre qui reste quand même en compote.
Je bouclerai en 7h49 à la 16ème place, le pipelette machine de Ph sera 10 ème en 7h32 avec un peu plus de 100 participants.Je retiendrai forcément ces 6h partagés avec Mr le grand bouffeur, pipellete mais énorme Ph c’était un régal, un super partage qui en demande d’autre.
Et bien entendu un grand merci à Adrien et tout les bénévoles qui nous ont toujours encouragé et accueillis avec le sourire.

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